Accueil > La vie au collège > Niveau 3ème > Récit d’élève - Mémorial de la Shoah et Europa Experience

Récit d’élève - Mémorial de la Shoah et Europa Experience Une journaliste en herbe raconte - nos 3e ont du talent !

Publication : (actualisé le ) par Léna Pailla

  • Mémorial de la Shoah :
  • Alors que le soleil n’est levé que depuis une petite heure, nous passons devant les murs des noms. Ces hautes pierres, striées de centaines de prénoms et d’histoires, brillent sous les éclats du soleil matinal. Elles rappellent à tous le massacre qui a eu lieu il y a peine un siècle, détruisant des vies entières, brisant des familles, anéantissant les sourires. Un mot, une explication revient toujours et encore : « Juifs ».
    « C’était le seul point commun qui les liait tous. » répète encore une fois la guide avant de continuer ses explications. Elle raconte leurs conditions de vies, les souffrances dans les ghettos, chaque injustice à laquelle ils ont pu faire face.
    Et surtout, elle montre toujours, à chaque phrase, à quel point ce crime, qui fit plusieurs millions de morts, n’était pas justifié.
    Nous découvrons le nombre de Juifs, peu nombreux par rapport aux autres pays, qui se trouvaient en Allemagne. Nous découvrons les affiches, rapportant des prétendus critères physiques auxquels s’apparenterait un Juif, accolés à ceux d’un « aryen ». Pourtant, cela ne leur a pas empêché de faire une demande de port d’étoiles pour tous les Juifs, alors qu’ils étaient censés si bien les reconnaitre !
    Preuve encore une fois de la propagande et la stupidité de l’antisémisme nazi.
    Pourtant, ils ne sont pas les seuls à avoir ces idées. La Pologne aussi a fait un nombre conséquent de victimes. Autant de sang et de larmes versés sans pitié, sans raison. Des souffrances et de la torture pour des milliers d’innocents, sans trace de clémence ou d’humanité.
    La guide continue son récit toujours plus révoltant : « Comme c’était pendant la guerre, chaque Allemand avait droit à deux balles pour tuer un Juif. Alors parfois, quand ils les rataient, ils les faisaient tomber vivants dans des fossés où ils étaient entassés. Par exemple, une femme et son enfant ne comptaient que pour deux balles. Si l’une des deux balles était ratée, le survivant pouvait se faire écraser par les cadavres et mourrait ainsi étouffé. » Un petit silence s’ensuit. L’image d’un bébé, vivant, au milieu de cadavres me frappe. Les larmes me montent aux yeux.
    Le côté le plus sombre des humains ressort parfois dans les situations qui sont pourtant les plus voyantes et révoltantes. Il y a tellement de personnes qui ont coopéré à ce massacre, sans se rendre compte de l’horreur qu’ils créaient, du sang qui perlait au bout de leurs doigts. Comme quoi, nous pouvons être aveugles avec une très bonne vue.
    Les visages des enfants, regroupés dans l’œuvre de Serge Klarsfeld, clôturent la visite du Mémorial. Ils sont partout autour de nous, tous ces visages ont souffert lors du génocide. Ils sont si nombreux et représentent si peu parmi toutes les victimes. Ils n’étaient que de simples enfants, ils n’auraient jamais dû vivre tout cela. Je repense à Ginette Kolinka, cette survivante. « Je veux transmettre la mémoire », disait-elle. Il faut que l’on se souvienne de ces enfants. Il faut que l’on voie les restes, les preuves, les traces. Il faut que l’on les communique, les affiche, les explique. Il ne faut pas qu’ils sombrent dans l’oubli. Il faut qu’on se rappelle ce qu’il ont vécu, pour que toujours on se souvienne de jusqu’où est capable d’aller l’Homme. Et que chacun de ceux qui ont connu cet extrême était une victime. Une victime du mot « Génocide ».

Europa expérience :

Les images défilent tout autour de nous, nous montrant des députés, des problèmes auxquels se confronte l’Union Européenne ou encore des images du Parlement.
Le film se termine, laissant place à la guide qui nous récapitule ce que nous venons d’écouter. Elle nous donne les informations principales sur l’union européenne : les 27 pays qui la composent, comment se déroulent les votes de lois, les interprètes qui traduisent les langues à l’arrière en temps réel… Elle termine en nous montant la présidente du Parlement européen, Mme Roberta Metsola, puis nous enchainons par le jeu de rôle.

Ensuite, tout va très vite : nous passons de simples collégiens à députés de l’Union Européenne. Nous découvrons nos partis, nos programmes, les lois que nous allons devoir négocier. Il faut réfléchir, avec les autres membres de son équipe, aux potentiels candidats pour une alliance.
Nous avons à peine le temps de nous concerter que nous sommes envoyés aux différentes activités : nous devons interroger et discuter avec toutes sortes de personnes : patrons d’entreprises, citoyens, chefs de commerce.
Il faut prendre des notes, être rapides et efficaces. Tout est chronométré, tout s’enchaine. Rapidement, nous nous retrouvons tous dans la salle de débat, les cris fusent, on ne s’entend pas, on tente de négocier, de réfléchir, de faire au mieux. Le temps apparait, c’est fini : il faut se regrouper par parti : c’est l’heure du vote.
Les portes paroles s’expriment : nous n’avons pas réussi à faire un accord, il nous faut recommencer, avec cette fois le peuple qui s’impatiente : les lois dont nous devons débattre sont importantes, et leurs absences créent des difficultés qui pourraient être évitées.
Les téléphones se remettent à bipper, nous indiquant où nous devront nous rendre. Tandis que certains recommencent à prendre des notes en échangeant avec des citoyens, d’autres doivent se rendre devant les micros pour répondre aux questions de journalistes. Le stress monte : que va-t-on nous demander, que faut-il répondre ? Nous essayons de donner les bonnes informations, de répondre justement.
Certains sont plus hésitants que d’autres, certaines questions plus compliquées que les précédentes. Il faut déjà retourner dans la salle de débat, mais cette fois, on connait le déroulement, on sait avec qui on veut s’allier.
On se coupe toujours la parole, on parle fort, mais parmi tout ce brouhaha, des alliances se font, des débats se créent. Le vote final se passe, les parties prennent leurs décisions, les lois sont décidées. Tout est allé à mille à l’heure, il faut toujours être efficace, malin et coopératif, mais nous avons réussi.
Alors que l’après-midi se termine doucement, nous délaissons derrière nous le costume de député et redevenons de simples collégiens.

Lucie B.